Dermatillomanie

Le terme dérive du grec δέρμα(derma) qui veut dire « peau », de τίλλω(tíllō ) qui veut dire « épiler ou effeuiller », et de μανία(manía) qui veut dire « manie ». C’est un trouble caractérisé par la vérification, le triturage et/ou le grattage répété et excessif de la peau induisant des lésions des tissus. Depuis Juin 2015, la dermatillomanie ou triturage pathologique de la peau (698.4, L98.1) est répertoriée dans « Troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) et apparentés » dans la 5e version du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), le manuel diagnostique international des troubles mentaux. La prévalence clinique de la dermatillomanie est estimée aux alentours de 1,4% à 5,4% de la population générale (Grant et Odlaug, 2009; Hayes et al., 2009; Grant et al., 2012; Gelinas et al., 2013).

La personne affectée est généralement atteinte d’une acné légère, mais à cause de ses tendances anxieuses, elle la considère comme plus grave qu’elle ne l’est réellement. Cela se traduit par un grattage répété et incontrôlé de la peau, d’une ou plusieurs zones du corps, du cuir chevelu aux pieds, le visage étant généralement la zone principalement touchée. Les comportements s’accompagnent d’un sentiment de plaisir ou de soulagement au moment de l’impulsion, précédé d’un sentiment croissant de tension, d’anxiété ou de stress. Ces impulsions de grattage (gratter les irrégularités de la peau) ou de triturage (percer la peau pour faire sortir les imperfections) sont des séries de gestes reconnus comme irrationnels par la personne, qui peuvent être répétés de façon ritualisée, non contrôlée et envahissante. Ce trouble peut entraîner des conséquences néfastes pour la vie quotidienne et devenir handicapant dans la vie personnelle, sociale, professionnelle ou scolaire (retards en classe ou au travail, perturbation des activités sociales, évitements de certaines sorties, incapacité d’aller à la piscine, gêne dans la vie intime et sexuelle…).

C’est une manie de soulagement des tensions psychiques et internes (émotions, tabous, non-dits…), une compensation entre l’envie de faire mal(colère, agressivité) retournée contre soi dans un acte auto-punitif (honte de soi, culpabilité de ressentir certaines émotions ou pulsions). Ce comportement témoigne d’un malaise affectif et d’estime de soi qui peut être accentué par l’anxiété, la solitude, la déprime ou l’ennui. C’est une décharge impulsive et psychomotrice d’une tension interne et psychologique.

Les grattages ou triturages peuvent se faire seul devant un miroir, en marchant, dans les transportsou pendant les activités dites « sédentaires »: en lisant, en conduisant, en travaillant, devant la télévision, devant l’ordinateur, au téléphone, au cinéma… La dermatillomanie peut avoir lieu à tout moment de la journée, du matin au soir. Mais généralement, les comportements s’exercent en soirée et avant de se coucher, afin d’évacuer les tensions internes de la journée (comportement inconscient) et parce ce que les triturages et grattages répétés auront le temps de cicatriser pendant la nuit .

Ces impulsions s’apparentent à des crises pouvant durer de plusieurs minutes à plusieurs heures par jour, parfois sans que la personne ne s’en rende compte (état de semi-conscienceou dits « hypnotiques »). Le Dermatillomane reste devant le miroir à la recherche de ses imperfections, ou passe la main sur la peau de son corps afin de se gratter, alors qu’il sait que c’est mauvais pour lui et que s’en suivra un grand sentiment de honte et de culpabilité. La personne a l’impression à ce moment de purifier son corps et de le débarrasser de ses imperfections. Mais en réalité elle attaque l’épiderme et crée des plaies qui risquent de s’infecter, et créeront de nouvelles impuretés, que la personne voudra à nouveau combattre. Les déclencheurs (facteurs aggravants) sont multiples : stress, anxiété, contrariété, émotions négatives, colère refoulée, ennui, culpabilité, honte de soi, sensation de vide, tabous, non-dits, déception de soi, manque d’affirmation.

 

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