Trichotillomanie

La trichotillomanie est un trouble caractérisé par un arrachage répétitif des cheveux ou des poils (cils, sourcils, poils pubien, axillaires…).  Les personnes affectées s’arrachent cheveux ou poils de façon compulsive, soit pour soulager une tension, une angoisse, soit par « réflexe » sans trop y penser. Les enfants et les adolescents sont les plus touchés, mais le trouble peut exister à tout âge. La cause de cette « manie » est mal comprise. Il s’agit toutefois d’un trouble psychologique, caractérisé par une difficulté à contrôler ses impulsions, qui aurait également des origines génétiques et neurologiques. Si elle paraît anodine, cette affection peut avoir des conséquences importantes, tant esthétiques que psychologiques. D’abord, certaines personnes peuvent « s’épiler » au point d’avoir des zones de cuir chevelu entièrement chauves. Et bien souvent, cette habitude d’arrachage est associée à un sentiment de honte, voire de détresse psychologique : la personne se cache, n’en parle pas, à tel point que le diagnostic est souvent long à venir… D’autant plus que ce trouble est assez mal connu par les médecins. La trichotillomanie fait partie des CRCC, au même titre que l’onychotillomanie (le fait de se ronger les ongles) ou la dermatillomanie (le fait de se gratter ou se triturer les imperfections de la peau). Les « trichotillomanes » parlent rarement ouvertement de leur problème : difficile, donc, d’avoir une idée précise du nombre de personnes aux prises avec cette manie. Les auteurs scientifiques estiment que la trichotillomanie toucherait environ 1 à 2% de la population (Gershuny et al., 2006). Pourtant, selon d’autres études récentes, jusqu’à 4% de la population pourraient être concernés. D’autres enquêtes avancent plutôt une prévalence de 1 à 3%.

Si tout le monde peut « s’adonner » à cette habitude, ce sont les enfants et les adolescents qui sont le plus sujets au problème. Ainsi, il existe deux pics de fréquence de la trichotillomanie, l’un vers l’âge de 2 ans, l’autre vers 10-12 ans. Les filles, aux cheveux longs, seraient un peu plus fréquemment concernées que les garçons. Pendant longtemps, la définition de la trichotillomanie (dans le manuel DSM-IV) stipulait que l’arrachage donner lieu à un sentiment d’apaisement (soulagement des angoisses, du stress) ou au contraire à une forte culpabilité une fois le geste accompli. Aujourd’hui, les spécialistes reconnaissent deux formes de ce trouble (qui peuvent coexister ou se succéder chez une même personne) :

  • Une forme « centrée sur le geste » : l’arrachage est un besoin impérieux qui sera effectivement suivi d’un sentiment d’apaisement ou de culpabilité.
  • Une forme automatique, au cours de laquelle l’arrachage n’est pas prémédité, ni même conscient. Il n’entraine pas de sentiment de satisfaction ni de soulagement, mais se fait de façon automatique, par exemple devant la télévision ou dans une salle de classe.

Dans les deux cas, la sévérité du trouble est variable d’un patient à l’autre. Chez certaines personnes, cela peut aller jusqu’à créer des zones d’alopécie complète sur le crâne, ou à s’arracher l’intégralité des sourcils ou des poils du torse (chez les hommes). Chez certaines personnes, l’arrachage des cheveux peut s’accompagner de « trichophagie », c’est-à-dire d’une mise à la bouche des cheveux qui se retrouvent dans l’estomac et peuvent entrainer des troubles gastriques. Il est souvent délicat pour l’entourage d’aborder le problème, surtout si la personne atteinte nie son trouble ou refuse d’en parler. Malheureusement, bien des médecins connaissent encore mal la trichotillomanie, et le diagnostic n’est parfois posé qu’après de multiples visites médicales, incluant des allers-retours chez divers dermatologues. Finalement, c’est souvent en obtenant une visite chez un psychiatre ou un psychologue, ayant une connaissance psychopathologique de la maladie, que le traitement thérapeutique peut être amorcé.

L’objectif de la thérapie : abandonner cette mauvaise habitude et soulager la détresse qui peut y être associée, ou qui peut pousser la personne à faire ce geste, de façon plus ou moins consciente. Dans un premier temps, la thérapie aidera donc le patient à prendre conscience et à vivre avec sa trichotillomanie. Comme tout trouble mental, la trichotillomanie est associée à beaucoup d’émotions, d’angoisses, et changer un tel comportement est un processus, qui demande souvent beaucoup d’efforts et de volonté. Même si les études manquent, il est désormais prouvé que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le traitement le plus efficace. Elle propose une approche personnalisée, consistant à se défaire des mauvaises habitudes en modifiant progressivement ses pensées, ses comportements, ses « réflexes » malsains. Parmi les techniques couramment utilisées en TCC, la technique de « renversement d’une habitude ». Cela peut notamment consister à effectuer un geste dès que le besoin de s’arracher les cheveux survient (exemple : serrer le poing, baisser la main et la garder « collée » au corps pour l’empêcher d’atteindre les cheveux, tout en respirant profondément..). Les techniques de TCC ont fait leur preuve en cas de trichotillomanie et s’avèrent plus efficaces que les médicaments. Des médicaments psychotropes peuvent être utilisés de façon ponctuelle, en particulier chez les patients anxieux ou déprimés. La clomipramine est le seul antidépresseur dont l’efficacité a été clairement établie en cas de trichotillomanie. D’autres antidépresseurs, comme les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, peuvent toutefois être prescrits pour traiter un syndrome dépressif associé, sans avoir d’effet direct sur la trichotillomanie.

D’où vient l’onychophagie, cette manie qui touche 20 à 30% de la population ?

L’acte qui consiste à se ronger les ongles est naturellement considéré comme dégoûtant. De plus, nos doigts deviennent …

« Je suis dermatillomane… mais ça va mieux »

La dermatillomanie est un trouble consistant à toucher, gratter, « nettoyer » sans cesse son visage, jusqu’à le …

Le TOC de la trichotillomanie : s’arracher les cheveux à en devenir chauve

La trichotillomanie est un trouble du comportement qui pousse à s’arracher les cheveux, mais aussi les sourcils, les …