Trichotillomanie

Par Katharine A. Phillips, MD, Assistant Professor of Psychiatry, Weill Cornell Medical College; Attending Psychiatrist, New York-Presbyterian Hospital; Adjunct Professor of Psychiatry and Human Behavior, Alpert Medical School of Brown University Dan J. Stein, MD, PhD, Professor and Chair, Department of Psychiatry, University of Cape Town

La trichotillomanie est caractérisée par des arrachages récurrents des cheveux, cils et/ou sourcils, entraînant une perte de cheveux et des poils. Les sites peuvent changer au fil du temps. Le fait d’arracher les cheveux n’est pas déclenché par des obsessions ou des préoccupations concernant l’apparence, mais peut être précédé par une sensation de tension ou d’anxiété qui est soulagée par l’arrachage de cheveux, qui est souvent suivie d’un sentiment de satisfaction. La trichotillomanie concernerait environ 1 à 2% de la population.

Symptomatologie

Les formes de perte de cheveux varient d’un patient à l’autre. Certains ont des zones d’alopécie totale ou une absence des cils et/ou sourcils; chez d’autres les cheveux sont simplement clairsemés. La trichotillomanie est généralement chronique, avec des symptômes fluctuants.

Plusieurs comportements (rituels) peuvent accompagner l’arrachage des cheveux. Les patients peuvent rechercher méticuleusement un type particulier de cheveux à arracher, ils peuvent essayer de s’assurer que les cheveux soient tirés d’une certaine manière. Ils peuvent rouler les cheveux entre leurs doigts, passer les faisceaux de cheveux entre leurs dents ou mordre des cheveux une fois qu’ils les ont arrachés. Il peuvent également avaler leurs cheveux.

Les personnes qui souffrent de trichotillomanie peuvent se sentir gênés ou honteux du fait de leur apparence. Beaucoup essaient de camoufler la perte de cheveux en couvrant les zones chauves (p. ex., avec des perruques ou des postiches). Certaines personnes s’arrachent les cheveux dans des zones très éparses pour dissimuler la perte. Certains arrachent les cheveux d’autres personnes, les poils d’animaux de compagnie ou des fragments de matières fibreuses (p. ex., vêtements, couvertures). Certaines personnes ont également d’autres CRCC, comme le triturage pathologique de la peau (dermatillomanie) ou le fait de se ronger les ongles (onychophagie).

Critères cliniques

Critères cliniques

Les critères diagnostiques comprennent généralement :

  • Épilation
  • Faire des tentatives répétées pour arrêter de s’arracher les cheveux
  • Être très déprimé ou ne pas pouvoir effectuer ses activités

La détresse peut comprendre des sentiments de gêne ou de honte (p. ex., perte de contrôle du comportement, conséquences cosmétiques de la perte de cheveux).

Traitement

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou la clomipramine

Thérapie cognitive et comportementale

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou la clomipramine (un antidépresseur tricyclique aux effets sérotoninergiques puissants) peuvent être efficaces en cas de dépression et d’anxiété associées. En ce qui concerne la trichotillomanie, la clomipramine semble plus efficace que la désipramine (un antidépresseur tricyclique qui inhibe la recapture de la noradrénaline). Cependant, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ont été décevants. Certaines données suggèrent que la N-acétylcystéïne (un agoniste glutamatergique partiel) est efficace. Il existe également peu d’éléments probants selon lesquels de faibles doses de bloqueurs de dopamine soient efficaces, mais le rapport risque:bénéfice doit être soigneusement évalué.

La thérapie cognitivo-comportementale qui est adaptée pour traiter les symptômes spécifiques de trichotillomanie est actuellement la psychothérapie de choix. Par exemple, inversion des habitudes, une thérapie principalement comportementale, peut être utilisée; elle comprend une formation de sensibilisation (p. ex., l’auto-surveillance, l’identification des déclencheurs du comportement), le contrôle des stimulus (modification des situations, p. ex., éviter les déclencheurs pour réduire la probabilité de déclencher l’arrachement), et l’entraînement à initier des réponses qui entrent en concurrence (en remplaçant par d’autres comportements l’arrachement).

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